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mercredi 12 mai 2010

La Nuit de Tomahawk (commentaire de Denis)

Fils d’un tueur à gages, héros du Viet Nam, Frank Temple, troisième du nom a été élevé comme une machine à tuer. Il ne veut pas de cet héritage, mais ne peut s’empêcher de réagir quand son passé le rattrape. De retour au Willow, un lac isolé, près de la ville de Tomahawk où se trouve le chalet familial où son père s’est suicidé, il a peine à retenir sa pulsion de vengeance. C’est que Matteson, un truand de grande envergure, compagnon d’armes de son père est aussi celui qui l’a dénoncé… à la police. Précédé de deux tueurs, Matteson s’annonce au Willow où il possède lui aussi un chalet. Des gens innocents sont alors entraînés dans un maelström de violence. Entre Nora, la garagiste intègre et innocente, et ses pulsions, Frank devra choisir!
Ce livre nous fait vivre un choc violent entre l'innocence et la violence. Une intrigue à couper au couteau et des personnages que Koryta sait rendre attachants. C'est dur et prenant. J'ai lu les quatre livres de ce jeune auteur de 27 ans. Tous excellents! Un mélange de Bruen, Lehane et Burke! Ce n’est pas peu dire! 

par Denis LeBrun

Michael Koryta, La Nuit de Tomahawk

mercredi 21 avril 2010

13 heures, de Deon Meyer (coup de coeur de Denis)

«Une jeune Américaine est poursuivie dans les rues du Cap par des jeunes noirs… et blancs. Son amie a été tuée parce qu’elles ont vu quelque chose qu’elles ne devaient pas voir. Traquée et terrifiée, elle sait qu’elle ne peut se fier à personne. Elle courra pendant 13 heures… L’inspecteur Griessel, présent dans le premier livre de Meyer, Jusqu’au dernier, est chargé de l’enquête. C’est une course à obstacles contre la montre qui commence et une nuit blanche pour le lecteur accroché à son livre, tétanisé même, dans les 75 dernières pages.

Deon Meyer est non seulement un grand maître du suspense, mais ses intrigues n’en sont pas moins complexes et pleine de finesses. Ses personnages secondaires ne sont pas des faire-valoir. Vous n’oublierez pas de sitôt l’inspecteur discret Vusi Ndabeni de l’ethnie Xhosa; l’inspectrice boulimique et fonceuse Zouloue Mbali Kaleni; la médecin légiste métisse Tiffany October; l’inspecteur également métis à l’ambition dévorante Fransman Dekker… Meyer nous fait vivre à travers eux la fragile coexistence entre les ethnies, dans une Afrique du Sud en mutation. Quel souffle et quel sens de la narration. Un grand!»

par Denis LeBrun, librairie Pantoute

Deon Meyer, 13 heures

mardi 20 avril 2010

Viens plus près (commentaire de Denis)


« Toc toc toc ouvre-moi, pense le démon… à l’intérieur de la voûte crânienne d’Amanda. Il n’a pas besoin d’une grande ouverture, une infime hésitation d’Amanda puis il s’immisce par petites touches dans son esprit. Viens plus près est une histoire d’envoûtement tranquille, au quotidien. Le processus est discret au début, puis la transformation de la personnalité s’opère: insensibilité, pulsions violentes, complicité avec Naama (oui, un vrai démon!), puis possession. Amanda analyse ce qui se passe, tente désespérément de réagir, mais le processus est impitoyable.
Sara Gran joue avec une narration sage, une machine bien huilée, puis elle emprisonne son lecteur qui n’a de cesse de lire la dernière page. 180 pages seulement (en gros caractères) qui se lisent d’une traite. Ce petit livre publié chez Sonatine (décidément un éditeur qui monte) amorce dans votre esprit une petite bombe qui ne vous lâche pas facilement. Toc, toc, toc et vous vous réveillez dans un sursaut avec des sueurs froides, le cœur battant! Étonnant! »

par Denis Lebrun

Sara Gran, Viens plus près

mardi 9 mars 2010

Les Lieux sombres (commentaire de Denis)

«Superbe roman! Entre le roman social, psychologique, noir et policier… Gillian Flynn ouvre une voie nouvelle dans l’univers des romans à suspense. Elle hypnotise son lecteur non seulement par l’action mais surtout par l’émotion. Et ceci dans un style impeccable. On ne peut rester insensible à ses personnages charnières: Libby, Ben et Patty Day. Libby , petite fille renfermée, témoin principale à l’âge de 7 ans dans le procès pour meurtre de son frère Ben. Ce dernier, 15 ans, mal dans sa peau et solitaire, accusé en l’espace de deux jours de pédophilie, satanisme et des meurtres sanglants de sa mère et de ses deux autres sœurs; enfin Patty Day, la mère, constamment inquiète et dépassée, phagocytée par un ex-mari salaud et veule, incapable de nourrir ses quatre enfants. Sans compter la Libby de maintenant, 32 ans, qui en veut encore à l’humanité, mais qui cherche un sens à sa vie en essayant de faire la lumière sur son passé. Le ballet constant entre cette Libby d’aujourd’hui et la réalité vécue en 1985 des autres acteurs de ce drame sanglant durant les deux jours précédents les meurtres, donne du rythme et du souffle à la narration et ajoute de la profondeur aux personnages. Et quelle finale! Un roman déstabilisant et envoûtant qui s’attaque aux préjugés inconscients du lecteur! Un livre culte! Je cours chercher son premier roman Sur ma peau et j’attends avec impatience le prochain.»
par Denis LeBrun

Gillian Flynn, Les Lieux sombres

mardi 1 décembre 2009

Sous les mains sanglantes (commentaire de Denis LeBrun).


Denis aime beaucoup Val McDermid. Il m'a souvent dit que les fins de ses romans laissaient à désirer, mais ce n'est pas le cas ici:

«Enfin le retour de l’intuitif Tony Hill, psychiatre et «profileur» et de l’impulsive inspectrice Carol Jordan, un duo improbable qui fonctionne comme un vieux couple (petites chicanes et réconciliations) sans en avoir franchi le pas. Tandis que Tony plane à la morphine dans son lit d’hôpital après avoir été attaqué (à la hache) par un patient dément, Carol est cette fois confrontée à une série de meurtres dont le seul lien est une liste de plantes vénéneuses. Carol ne doute pas une minute que ce sont les médicaments qui sont la cause des déductions fiévreuses et alambiquées de son ami sur l’origine des meurtres. D’autant plus que Tony, cloué sur son lit, doit repousser les attaques incessantes d’une mère manipulatrice et rapace. Les hypothèses farfelues de Tony ne font pas d’ailleurs pas le poids quand une explosion au stade entraîne l’enquête (et Carol) vers un banal complot terroriste et qu’elle en a plein les bras avec une panoplie d’intervenants musclés. Mais Tony, insulté qu’on l’infantilise, continue à suivre les fils de son imagination……

Comme beaucoup d’auteurs britanniques Val Mc Dermid développe des personnages attachants, ambivalents (ne le sommes nous pas tous!) et bien ancré(e)s dans la réalité sociale et quotidienne qui les entoure. Le rythme est excellent, l’intrigue est originale et complexe, et si j’ai parfois émis des doutes sur les finales de ses romans, je dois avouer que celle-ci est particulièrement réussie.
»
par DENIS LEBRUN

Val McDermid, Sous les mains sanglantes, éditions du Masque

vendredi 4 septembre 2009

Commentaire : L'Emblème du croisé (James Lee Burke).

Dave Robicheaux reprend du service dans la police de New Iberia pour enquêter sur la mort d’une prostituée dont s’était entiché son frère durant leur adolescence. Même après tant d’années il y a des gens haut placés que ça dérange. Des gens avec des squelettes dans le placard qui ont une partie de la police dans leur poche. Il est menacé, emprisonné, tabassé, et enfin accusé de pédophilie. Et malgré tout il va à l’église et aux réunions des AA (quand il ne rechute pas!) toutes les semaines et trouve le moyen de marier une nonne catholique!Il faut être prêt à se remettre en question quand on lit un livre de Burke. Pendant 300 pages l’auteur nous entraîne à la suite de son personnage sur une corde raide où toutes nos certitudes morales sont ébranlées. Nous sommes là à la frontière du bien et du mal absolu, entre la générosité et la violence à fleur de peau. Même la Louisiane y devient un personnage trouble, superbe et dangereux. L’écriture aux pointes de fantastique, souvent sublime, participe à la à la lente déstabilisation du lecteur. Du grand roman noir et une expérience unique de lecture.
par DENIS LEBRUN

James Lee Burke, L'Emblème du croisé, Rivages.